| L'ARTISTE | L'oeuvre | |
Patrick TOSANI Né en 1954 à Boissy-l'Aillerie (Val d'Oise)vit et travaille à Montrouge
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"Portrait Braille n°1", 1985
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NoticeÉvacuant tout aspect documentaire ou illusionniste, Patrick Tosani fabrique des images, tout en laissant transparaître le processus employé, qu’il adapte en fonction de la nature des choses. L’image obtenue n’est que le moyen de questionner, d’analyser et de comprendre l’essence et la complexité du monde qui nous entoure. Le portrait braille n°1 appartient à une série de portraits photographiques flous, projetés sur des pages d’écriture Braille. Associant deux sens, le toucher (l’écriture des non-voyants) et la vue (à travers la représentation photographique), il joue sur leur annulation : la page de Braille n’est qu’une image et perd son caractère haptique ; la représentation – le portrait censé être reconnaissable – est floue, perdant sa fonction première d’identification. L’aveugle ne peut décrypter le Braille sans relief et le spectateur voyant reste dans l’incapacité de lire ce code, aveugle à son tour devant cette image. Le paradoxe que soulève l’artiste à travers cette photographie vient remettre en cause la capacité de la technique à saisir et à dire le réel, révélant ses limites. Si l’homme invente toujours plus d’outils pour mieux communiquer, échanger, il grossit aussi proportionnellement les filtres à travers lesquels il se représente le monde, à défaut de le percevoir tel qu’il est. En photographiant ainsi ce qui ne peut-être vu, en donnant à toucher ce qui ne peut l’être, l’artiste restitue l’image dans son expression la plus simple mais aussi la plus suggestive. Propos de l‘artisteConstruits de façon identique avec les mêmes proportions, et les mêmes valeurs, ces portraits sont la projection d’un visage diffus sur une page d’écriture. Les caractères sont laissés apparents là où ils vont suggérer une tactilité, un regard. Les dernières aspérités qui subsistent après l’aplanissement et l’effacement de l’écriture définissent l’identité des figures qui se cachent derrière ces zones de lumière diffuses. Par la prise de vue photographique, le relief infime perd sa fonction initiale de langage tactile. Il se transforme en signe visuel dont les combinaisons demeurent aussi étendues que celles de la parole. La photographie lisse matériellement ce presque rien de volume pour laisser apparaître l’image d’une peau, d’un regard, d’une parole. Le portrait n’est plus un trait ni une expression mais une apparition colorée de laquelle émerge un signe que l’on aurait pu toucher. Tiré du recueil édité par Liliane et Michel Durand-Dessert à l’occasion de l’exposition Patrick Tosani Portraits, en leur galerie du 30 mai au 29 juin 1985. «Ce que je recherche c'est la justesse dans la lisibilité. Et quand je parle de nécessité photographique, c'est de cela qu'il s'agit : montrer ce que peut la photographie par son réalisme, sa manière frontale de présenter les choses. La question qui se pose après c'est comment s'en écarter. Depuis le début de mes travaux je questionne l'idée du transfert du réel : comment passer d'une donnée si riche en n dimensions (qui inclut celle du temps) à un espace en 2 dimensions, plat, frustrant. Mais cet appauvrissement du réel, cette frustration, sont passionnants car ils obligent à une manipulation mentale, à une conceptualisation.... Mes photos ne disent quasiment rien de l'objet réel. Ce n'est pas mon travail qui est un outil pour l'analyse de l'objet, c'est l'objet qui est un outil pour l'analyse de mon travail.» Pistes de réflexion
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fiche réalisée par le service médiation du FRAC Poitou-Charentes" et le chargé de mission DAAC (Délégation Académique à l'Education Artistique et Culturelle) |
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